Bristol-Myers Squibb : onzième PSE depuis 2008

 07/10/2014
  Chimie

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La décision a été radicale, brutale et sans appel. L'intégralité des équipes européennes de BMS, soit 195 postes, disparaît !

Ce nouveau PSE est le onzième depuis 2008. Il s’ajoute à la cession soudaine et immédiate des activités Diabète avec 89 salariés transférés chez Astra Zeneca en mars dernier ! Au total c’est 697 personnes qui ont quitté BMS depuis 2008. A peine finit-on une réorganisation, qu’une autre nous est imposée… Autant dire que la confiance devient une denrée rare dans nos rangs. On peut légitimement se demander quand notre tour viendra… Si tous les PSE entrainent le départ de ressources qualifiées, ce PSE est singulier car il atteint un niveau inégalé tant par sa magnitude que par les profils des postes concernés : ce sont au total 195 postes de cadres de haut niveau, experts, des profils rares, souvent internationaux, riches de nombreuses années d’expérience dans le groupe qui disparaissent. Par un trait de plume, par la suppression de quelques lignes sur un tableur : c’est la fin d’une structure européenne, voulue par nos dirigeants, patiemment construite, fierté pour BMS en France depuis 2004, qui part en fumée. Ce choix de la Direction de BMS doit nous interpeler : D’abord en tant que salarié de BMS, parce que certains de ces postes sont déplacés aux Etats Unis, repositionnés en Angleterre ou ailleurs, presque à l’identique (même si l’on nous assure la main sur le cœur que ce n’est « vraiment, vraiment » pas du tout pareil…). Etrangement, il s’agit toujours de pays où le droit du travail ne défend pas les salariés comme au pays de Jaurès… On peut ainsi s’interroger sur la pertinence de ce plan, sur son rationnel et sur l’image de la France dans une multinationale comme BMS. Si j’étais cynique, je dirais que ce PSE est avant tout présidé par des choix fiscaux et de flexibilité du contrat de travail… Mais vous me connaissez, je ne suis pas cynique… Ensuite, en tant que citoyens français, parce que la France perd des talents, des cadres internationaux qui contribuent à notre économie par les richesses qu’ils créent, par leur consommation, par les impôts qu’ils paient, par leur contribution aux caisses de Sécurité Sociale, de Retraite, et autres organismes sociaux. Beaucoup de nos collègues ne resteront pas en France, ils vont partir ou repartir à l’étranger et leur contribution à notre économie va nous manquer. Ce plan est donc un véritable gâchis car nous perdons deux fois. Nous perdons des « cerveaux », des cadres, managers qui avaient les commandes d’un navire qui marchait fort et bien car les résultats de «BMS Europe » ont toujours été salués… Et notre pays perd des richesses qu’il souhaite par dessus tout attirer.

Désormais, vue de Princeton, New Jersey, ou de Park Avenue à NY, l’Europe est désormais constituée de pièces d’un puzzle que l’on dispose dans des « clusters » (zones géographiques) avec le … Japon d’un côté et le Canada et l’Australie de l’autre ! On fait partie d’un cluster en fonction de son chiffre d’affaire… Ce n’est pas une logique patients ou épidémiologique, c’est une logique financière…
Le discours humaniste de BMS apparaît bien cosmétique face à ces nouvelles orientations stratégiques…

Résumons-nous : ce PSE est douloureux, incompris, insolent et sera au final très coûteux sur le plan humain et économique. Perdre des cadres de haut niveau, est-ce bon pour une entreprise et notre pays ? La réponse est bien sûr dans la question.

Guillaume Trichard
Secrétaire Général de l'Union Fédérale UNSA Industrie & Construction

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